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Anthropologues sans frontières : Rencontre des associations canadienne et américaine à Vancouver

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Mardi 13 août 2019

Dre Martha Radice, Université Dalhousie, blogueuse invitée

Logo that says Changing Glimates / Changer d'airPour la première fois, la Société canadienne d’anthropologie (CASCA) tiendra son congrès annuel conjointement avec l’American Anthropological Association (AAA), du 20 au 24 novembre 2019 à Vancouver. Le thème élaboré en collaboration est « Changer d’air : Lutte, collaboration et justice / Changing Climates: Struggle, Collaboration, and Justice ».

« Nous sommes très emballés par ce thème », déclare Nicole Peterson, professeure agrégée de l’Université de la Caroline du Nord à Charlotte et codirectrice du comité directeur du programme pour l’AAA. « Nous invitons les anthropologues et leurs collaborateurs à examiner notre façon d’aborder les enjeux relatifs au changement d’ère afin de concevoir et de construire un avenir plus équitable. “Changer d’air” renvoie certes aux changements environnementaux, mais aussi aux changements touchant d’autres contextes dans lesquels nous travaillons : changements sociaux et politiques ainsi que changements touchant les milieux de la recherche et de l’enseignement ainsi que les espaces d’inclusion et d’équité. »

Les associations se réuniront sur les terres non cédées du peuple salish de la Côte, y compris les terres des nations xʷməθkʷəy̓əm (Musqueam), Skwxwú7mesh (Squamish) et Səl̓ílwətaʔ/Selilwitulh (Tsleil-Waututh). Selon Pam Downe, professeure agrégée à l’Université de la Saskatchewan et codirectrice du comité directeur du programme pour la CASCA, « il existe une tradition très importante au sein de l’anthropologie canadienne, celle de mener les travaux de recherche en collaboration avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. C’est pour cette raison que nous désirons mettre en lumière comment l’anthropologie noue des liens avec les communautés autochtones à travers des projets de collaboration active et susciter la réflexion sur notre façon de faire face à nos implications dans la colonialité toujours d’actualité ».

Dans cet esprit, le conférencier d’honneur sera M. Douglas Cardinal, architecte canadien de renommée qui compte parmi ses origines les peuples métis, Blackfoot/Kainai, allemand et algonquin, et pour qui l’environnement et les utilisateurs d’un édifice sont au cœur de son processus créatif. Il partagera le micro avec Mme Monica Heller, une anthropologue et linguiste canadienne, professeure à l’Université de Toronto et également ancienne présidente de l’AAA. Un panel présidentiel spécial a aussi été convoqué pour souligner l’année 2019 proclamée par les Nations Unies comme Année internationale des langues autochtones.

Le congrès conjoint est une première historique pour chacune des associations. La planification a débuté en 2013 et un protocole d’entente a été signé l’année suivante. « Il s’agit non seulement d’une formidable occasion qui permet à la CASCA de collaborer avec l’AAA, mais également d’un défi majeur, car nous devons réussir à mettre au diapason nos deux organisations, surtout que la CASCA est une association beaucoup plus petite que l’AAA! », fait remarquer Martha Radice, professeure agrégée à l’Université Dalhousie et seconde codirectrice du comité directeur du programme pour la CASCA. « Par exemple, nous nous rencontrons habituellement en mai, et non pas en novembre comme l’AAA. Nous avons donc tenu une assemblée générale annuelle en ligne en mai 2019 pour respecter les obligations que nous avons envers nos membres. »

Chacune des organisations a fait de son mieux pour rendre le programme scientifique le plus « conjoint » possible, ce qui a impliqué d’harmoniser les systèmes de soumission et d’évaluation. « Le personnel de l’AAA a fait preuve d’une immense générosité et d’une grande patience pendant que nous nous adaptions à leur système », raconte Martha Radice. « Même s’il s’agit d’un événement débordant de défis organisationnels, un esprit de collaboration et de collégialité chapeaute chacune de ses dimensions. »

Sabrina Doyon, présidente de la CASCA et professeure à l’Université Laval, abonde dans le même sens : « Nous sommes impatients de nous pencher avec notre organisation sœur des États-Unis sur les dimensions de lutte, de collaboration et de justice qui caractérisent les travaux de notre discipline dans cette ère de changement. »

Pour en savoir davantage : https://casca-aaa-2019.com.

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