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Bâtir un Canada plus prospère et plus juste

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Mardi 16 mars 2010

by Jean-Marc Mangin, Executive Director

Photo courtesy of Ian Muttoo on Flickr

Qui sommes-nous? Où allons-nous? Comment faire pour y parvenir? Comment nous transformerons-nous en cours de route?  Voilà les questions existentielles qui continuent de préoccuper une grande partie des chercheurs et praticiens des sciences sociales, les humanistes et les artistes partout dans le monde. Voilà aussi les principales questions que se sont posées les quelque 200 participants à la Conférence 150! Canada, tenue au Centre national des Arts à Ottawa, les 11 et 12 mars.   Ce rassemblement était la première grande réunion publique destinée à amorcer la planification du 150e anniversaire de la Confédération, en 2017.  Les discussions stimulantes entre artistes, chefs d’entreprise, innovateurs sociaux, universitaires, fonctionnaires et jeunes ont clairement démontré que l’année 2017 doit être plus qu’une grosse fête patriotique : 2017 est une occasion de renouvellement, de réconciliation, d’inclusion et de célébration de notre diversité comme moyen de représenter et de réaliser une société plus juste.

L’année 1967 a été une année importante pour le Canada.  Comme le décrivait Helen Davies, dans le seul ouvrage savant au sujet de l’Année du centenaire, The Politics of Participation, celle-ci a marqué une ère nouvelle en aidant à faire tomber des obstacles et à forger de nouvelles définitions de qui nous sommes et qui ont mené à une révolution des droits et à une Charte.  L’année 1967 a aussi permis de créer et de renforcer les institutions et les programmes qui ont amplifié l’espace pour raconter nos histoires à nous-mêmes et au monde entier. En cours de route, nous sommes devenus une nation davantage inclusive et mondiale.  Dans le style sobre de Mme Davies, « l’âme du Canada a grandi un peu ».

Les Canadiens et les Canadiennes font toutefois face à d’importants défis. La réalité sociale et culturelle pour nombre de Canadiens en est une de pauvreté, d’incertitude et de crainte. Nos aînés, nos jeunes, notre population autochtone et les Néo-Canadiens ont tous des besoins pressants que nous ne pouvons oublier.  Notre prospérité est vulnérable à cause de trop peu d’innovation et de trop d’autofélicitations : comme le disait l’un des participants, le Canada pourrait devenir « gras, idiot et heureux » et rater la transition vers l’économie de l’avenir.

L’année 2017 donne aux Canadiens et aux Canadiennes l’occasion de relever ces défis et, encore une fois, de se redéfinir comme nation et de se montrer à la hauteur de nos valeurs. Le consensus de ces deux journées de discussions était que le pays tout entier doit alimenter la discussion de ce que doit être l’année 2017.

Selon un sondage Environics rendu public à la conférence, l’idée la plus populaire quant à ce que l’année 2017 devrait nous livrer comme héritage serait un nouveau programme de bourses d’études (51 %), suivi par de nouvelles infrastructures améliorées, notamment en matière de transport public (34 %).

Deux interventions ont ému les participants.  Parlant de l’importance de l’authenticité, Danny Graham a terminé son allocution par la lecture du poème qu’il aurait aimé lire lorsqu’il est devenu chef du parti Libéral en Nouvelle-Écosse. Pour sa part, Peter Dinsdale a parlé de l’urgence morale de rétablir des rapports de collaboration avec les Premières Nations et a affirmé que le Canada ne peut réaliser son potentiel et devenir une grande nation s’il omet de le faire. Ce thème revient constamment dans l’oeuvre de John Raston Saul A Fair Nation mais Dinsdale, directeur général de l’Association nationale des centres d’amitié, est parvenu à faire valoir le même argument en quelques minutes avec une générosité d’esprit et une humanité qui étaient vraiment remplies d’émotion.

Un rapport des délibérations sera transmis au gouvernement fédéral. Une Loi du parlement est en cours de préparation et une Commission du 150e sera probablement formée au cours des 12 à 24 prochains mois. Toutefois, nombre des participants du colloque continueront de demeurer en contact, de formuler des idées et des propositions et de prendre les mesures qui s’imposent pour forger ce nouveau Canada.

La communauté des sciences humaines a beaucoup à apporter à ces efforts de souvenirs, d’inclusion et d’innovation sociale. Plusieurs chercheurs et artistes ont pris part à cette conférence.  Notre collectivité a beaucoup à contribuer en étant davantage « branchée » et pertinente. Le secrétariat de la Fédération offrira à ses membres les occasions et l’information pour ce faire.

Sur une note personnelle, ce blogue est mon tout premier comme directeur général de la Fédération.  Je compte bien appuyer le conseil et les membres afin d’amener la recherche à l’avant-plan de la vie publique et de la politique publique. N’hésitez donc pas à communiquer avec moi pour me faire part de vos suggestions et de vos idées pour renforcer la contribution de la Fédération envers le bien commun.

Jean-Marc