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La sociologue Irene Bloemraad parle de l’immigration au Canada

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Mardi 5 août 2014

 

Nour Aoude, Fédération des sciences humaines

Les changements récents à la Loi sur l’immigration au Canada ont attiré des critiques de la part des groupes de juristes et de défense des droits de la personne, ce qui nous rappelle que les politiques en matière d’immigration sont à la base d’une conversation continue et engagée dans laquelle nous avons tous un parti pris. Afin de s'engager efficacement dans ce débat, il vaut mieux profiter de l'opinion des experts renommés dans le domaine.

Quelles sont les forces uniques de la politique d’immigration du Canada? Comment nous situons-nous par rapport aux États-Unis et d’autres pays qui attirent les immigrants? Y a-t-il des fissures dans notre système? Telles sont les questions auxquelles essayait de répondre Irene Bloemraad, professeure de sociologie à l’Université de Californie à Berkeley, dans sa conférence “Voir grand” sur la Colline du Parlement.

Inspirée en partie par son vécu, la conférence de la professeure Bloemraad se focalise sur le succès pluridimensionnel de la politique canadienne d’immigration. Toutefois, Bloemraad ne se limite pas  à attribuer ce succès simplement à la sélection économique et la géographie isolée, alors elle a choisi de l'analyser sous l’angle sociologique.

Dans sa recherche, la professeure Bloemraad a trouvé trois facteurs qui favorisent l'attraction, l’intégration et la rétention des immigrants au Canada. Tout d’abord, elle fait l’éloge des partenariats entre les programmes féderaux, provinciaux et municipaux et les organismes communautaires dans l’établissement des immigrants dans leurs nouvelles communautés, en les reliant aux opportunités économiques. Deuxièmement, elle souligne la façon positive dont le Canada a adopté la valeur du multiculturalisme dans son dialogue national, ce qui explique la perception positive de l’immigration au Canada. Finalement, le Canada a historiquement offert à ses immigrants un chemin sûr vers la citoyenneté et la résidence permanente, ce qui inspire de la confiance dans le système de la part des immigrants, qui sont plus disposés à devenir citoyens ici que leurs homologues aux États-Unis et en Europe.

Néanmoins, elle met en garde contrel’augmentation du nombre des travailleurs étrangers temporaires sans un chemin sûr vers la résidence permanente ni la citoyenneté qui pourrait faire affaiblir cette confiance. Actuellement il y a plus qu’un demi-million de travailleurs étrangers au pays. De la même façon que ceux qui sont venus aux États-Unis et en Europe lors des périodes de croissance économique élevée, beaucoup de travailleurs étrangers au Canada peuvent décider de rester ici en tant que résidents non documentés si on leur demande de quitter le pays. Pour éviter ceci, le gouvernement devrait leur établir des voies vers la résidence permanente, comme il l'a fait pour les étudiants étrangers.

La conférence de la professeure Bloemraad fait partie de la série de conférences Voir grand organisée par la Fédération des sciences humaines pour relier les parlementaires canadiens aux nouvelles recherches dans les sciences humaines. Appuyez ici pour écouter la conférence.

 

Mots-clés

Politiques fédéralesL'interculturalisme et le pluralismeRechercheVoir grand