Communiqués de presse

Participation politique et le Printemps érable

le 3 juin, 2013, Victoria – En théorie, ce sont les personnes issues de milieux aisés qui sont les plus susceptibles de participer à des manifestations politiques.

Mais durant le ‘Printemps érable’ de 2012, ce sont les étudiants les plus vulnérables, et non les plus aisés, qui étaient les plus susceptibles de descendre dans la rue.

Voilà une des constatations d’une vaste étude entreprise par des chercheures de trois universités montréalaises – McGill, l’UQAM et l’Université de Montréal – sous la direction de Dietlind Stolle de McGill.

Environ 120 000 étudiants québécois ont été invités à participer à un sondage en ligne sur leur participation au Printemps érable; 15 491 ont complété le sondage, réalisé l’an dernier au moment où les Québécois votaient dans une élection provinciale.

Les résultats de l’étude seront présentés au Congrès 2013 de les sciences humaines.

Eva Falk Pedersen, une étudiante en sciences politiques à McGill au niveau de la maîtrise et une des auteures de l’étude, explique que les chercheures voulaient comprendre quels facteurs avaient contribué à la mobilisation politique des étudiants – une mobilisation presque sans précédent au Canada. Comprendre ces facteurs, ajoute-t-elle, aidera à prédire la mobilisation politique à l’avenir.

Elles ont donc tenté de savoir, par exemple, quels facteurs pouvaient prédire la participation d’un étudiant à une manifestation.

« Ce que nous avons trouvé va à l’encontre des théories en sciences politiques, dit-elle, et ceci est peut-être un élément important dans l’avancement de la recherche ».

Ce ne sont pas les étudiants plus sophistiqués qui marchaient, mais ceux qui étaient les plus vulnérables – les étudiants endettés, ceux qui vivaient en appartement, et ceux qui travaillaient moins de 30 heures par semaine.

La région de provenance importait aussi; les Montréalais et les étudiants venus des régions rurales étaient plus susceptibles de descendre dans la rue.

« La mobilisation ne serait plus réservée aux gens des milieux plus privilégiés, » conclut Mme Falk Pedersen.

Les chercheures ont également tenté de savoir si le fait d’avoir participé à une manif avait influencé le choix de vote des étudiants.

Elles ont trouvé que l’opinion de l’étudiant face à la hausse des frais de scolarité avait un rapport direct avec son intention de vote; le fait d’avoir participé à une manifestation influençait également le choix politique, mais à un degré moindre.

Falk Pedersen ajoute que les auteures tenaient à ce que leur analyse soit rigoureuse.

« Nous voulions nous démarquer de ce qui avait été fait et faire quelque chose de scientifique. Nous avons tout fait pour éviter les opinions politiques ».

 

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